|
TRIBUNE LIBRE Vous
pouvez adresser vos réactions en cliquant sur ajouter un commentaire en bas de cet article
|
AUTEUR DE L'ARTICLE:Didier
Concevoir son enseignement
Des
programmes nationaux aux programmations de classe
Contextualisation
La Nation française a, depuis toujours, fait le choix de disposer de programmes uniques d’enseignement qui définissent ce qui doit être
enseigné à chaque enfant résidant sur le territoire national.
Cette unité, si elle présente l’avantage incontestable de l’égalité et du but commun, présente, par contre, l’inconvénient d’un manque
de souplesse, tous les enfants devant théoriquement apprendre les mêmes choses au même moment ou presque.
La Loi d’orientation de 1989, Loi fondatrice s’il en est (Cycles, compétences, enfant au centre, professorat des écoles, projet et
conseil d’école…), apporte un correctif à cet état de fait par le biais d’une plus grande responsabilisation des équipes de maîtres et de la possibilité qui leur est donnée de déterminer
les stratégies et le rythme qui vont présider, dans l’école qui est la leur, à la mise en œuvre des
programmes nationaux.
Cette dimension est la première qui fonde l’intérêt des programmations pluriannuelles en cela qu’elles permettent de prendre en compte
la diversité des élèves à partir des caractéristiques, contraintes et ressources qui sont celles de l’école considérée et d’adapter ainsi les
conditions de l’enseignement.
La deuxième dimension essentielle qui se joue est celle de la cohérence, de la continuité et de la complémentarité des enseignements tout au long du cheminement scolaire.
Il s’agit, cette fois, de veiller à la facilitation du parcours de l’élève en
même temps qu’à l’application complète des programmes et à l’enseignement effectif de toutes les compétences
et contenus qu’ils définissent.
Au bout du compte, chaque équipe de maître se doit de définir collectivement l’ordre, le temps
et le rythme qui vont présider à l’enseignement des programmes au sein de l’école et/ou du cycle, chaque maître ayant ensuite la responsabilité de
définir ses propres programmations annuelles et/ou périodiques de classe.
Programmes nationaux
â
Programmations pluriannuelles de cycle(s)
â
Programmations annuelles et périodiques de classe
Progression / planification-répartition /
programmation
Ces trois approches recouvrent des réalités perçues souvent bien différentes.
Elles définissent, chacune pour ce qui la concerne et comme mentionné ci-dessus, trois aspects essentiels de la mise en
œuvre des contenus d’enseignement : l’ordre, le temps, le rythme.
Pour beaucoup d’enseignants, formateurs, didacticiens, le terme de « programmation » est désormais considéré
comme inclusif des deux autres.
Tentative de synthèse :
· Ordre progressif des enseignements ð Progression didactique :
Les « progressions didactiques » définissent la manière d’enseigner une
discipline en avançant progressivement dans la difficulté de ses contenus selon un ordre défini par les spécialistes (didacticiens) de la discipline et la logique interne de celle-ci.
Elles sont intemporelles et peuvent s’appliquer partout et pour tous.
ð Les notions sont enseignées selon un ordre progressif de difficulté. Le
maître va du facile au difficile (addition avant division à retenue, entiers avant chiffres à virgules, présent de l’indicatif avant le subjonctif, la « a » avant le « ch
»…).
· Temps planifié des enseignements ð Planification-répartition des activités :
Les « répartitions annuelles et/ou périodiques » servent à définir le moment où
telle ou telle notion, compétence… ou activité sera enseignée. Il s’agit donc de répartir leur enseignement dans le temps, indépendamment de toute autre considération.
En effet, cette répartition temporelle n’a pas forcément besoin d’inclure la dimension de progressivité inhérente à la progression
didactique. Il est par exemple possible de préférer enseigner, au sein d’une école, le travail avec les ballons avant celui consacré aux cordes, le cubisme avant le pointillisme, l’énergie
renouvelable avant le système solaire…
Cette répartition peut aussi être imposée parce que liée à la disponibilité d’un équipement (piscine, gymnase…) ou à celle d’un
intervenant extérieur (éducateurs sportifs ou artistique, travail avec un auteur…).
ð Le maître « place » dans le temps des activités données en fonction
des possibilités, contraintes ou préférences qui sont les siennes.
· Ordre progressif + Temps planifié des enseignements ð Programmation
Les « programmations pluriannuelles et annuelles » servent à déterminer, dans le
respect de l’ordre défini par les progressions didactiques, le moment où telle ou telle activité, compétence ou notion sera enseignée au cours du cycle ou de l’année.
Il s’agit donc d’une combinaison temporalisée des progressions didactiques et des
répartitions-planifications.
ð Le maître, en combinant « ordre » et « temps » détermine de facto une troisième dimension qui est celle du « rythme » et donc de la « vitesse » à laquelle les enseignements seront dispensés.
Fondement conceptuel…
L’adaptation de l’école aux spécificités individuelles et collectives des élèves (élève au centre), conduit donc à définir, via les
programmations pluriannuelles, le rythme qui sera adopté sur l’ensemble de la scolarité primaire (maternelle + élémentaire) de l’enfant pour la mise
en œuvre des programmes nationaux.
Peut-être est-il bon de rappeler ici que cette question du rythme des enseignements est à rapprocher du principe fondateur qu’est la
« Zone Proximale de Développement » définie par VIGOTSKY et qui précise que tout élève ne peut apprendre que si la difficulté qui lui est
proposée n’est pas trop éloignée des savoirs qui sont déjà les siens.
Une autre dimension est celle de l’aspect « spiralaire » des enseignements où
l‘on avance dans les contenus tout en reprenant sans cesse ce qui a précédé, pour le stabiliser et l’approfondir.
Méthodologie…
Sur le plan méthodologique, deux entrées (complémentaires d’ailleurs) sont le plus souvent privilégiées. Il s’agit de l’entrée par les activités et de l’entrée par les compétences.
· L’entrée par les activités est la plus facile à mettre en œuvre puisqu’elle s’appuie sur l‘existant et le déjà réalisé pour, d’abord, le partager et le
formaliser puis ensuite l‘amender, le compléter…
· L’entrée par les compétences est celle qui se rapproche le plus de la cohérence des programmes nationaux, les apprentissages étant évalués sous forme de
compétences que ce soit à la fin de chaque cycle (GS, CE1, CM2) ou au niveau des paliers du Socle commun de compétences et connaissances. Il s’agit donc là, de définir à quels moments les
compétences seront travaillées et, en terme de difficulté, jusqu’à quel degré (la « lettre » peut être travaillée en maternelle comme en cycle III, mais pas de la même
façon…).
Une fois les programmations pluriannuelles définies collectivement, il est relativement facile pour chaque maître de définir de manière
cohérente et complémentaire aux enseignements déjà dispensés et aux méthodes utilisées par les maîtres qui l’ont précédé ou qui vont le suivre, sa programmation annuelle de classe. Celle-ci est
le plus souvent déclinée en périodes.
De l’utilisation des programmes
2008…
Les programmes de l’école primaire version 2008 proposent des « repères pour organiser la progressivité des apprentissages en
maternelle » et des « progressions » pour les cycles II et III. Ces « progressions » constituent des « repères pour l’organisation des apprentissages par les équipes
pédagogiques ».
Cette notion de repères est essentielle en cela qu’elle indique clairement que les tableaux proposés ne s’appliqueront sans doute
qu’assez rarement tels quels. Il appartient donc aux équipes de définir ce qui sera leurs propres programmations d’école. Les « progressions » qui nous sont données présentent par
contre le très gros avantage de hiérarchiser et ordonner les apprentissages à faire réaliser. Il ne reste donc plus, à chaque équipe, qu’à adapter aux élèves dont elles ont la responsabilité, le
rythme d’enseignement qui sera le leur… Elles disposeront alors de programmations complètes et pertinentes en français et mathématiques. Pour les autres disciplines… le travail reste à faire pour
le plus grand bénéfice de nos élèves.
Très bon courage à tous.
Didier TABARAUD – LE FER
|
Si vous souhaitez recevoir les articles de ce blog dés leur parution, vous pouvez vous inscrire à la newsletter, votre adresse mail reste confidentielle.
|
Derniers Commentaires